FEQ : Tous derrière Karl! | Radio-Canada.ca

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À mi-chemin entre le bonheur de retrouver Les Cowboys Fringants sur scène, et la douleur de constater l’état fragilisé de son chanteur, Karl Tremblay, le spectacle de la formation aura fait passer l’imposante foule des plaines d’Abraham par toute la gamme des émotions en clôture du 55e Festival d’été, lundi.

Ils étaient près de 90 000 à envelopper de bienveillance et à serrer dans leurs bras Les Cowboys Fringants et leur chanteur, Karl Tremblay, au terme de ce qui a été la première journée de prolongation de l’histoire de l’événement.

Ne pouvant faire fi de l’intrus dans la salle – le cancer de la prostate de Karl Tremblay –, le groupe et ses fans ont tablé sur la relation d’amour qui s’est tissée entre eux au fil des 25 dernières années pour vivre un bon moment. Malgré tout.

Les Cowboys Fringants, sur scène.1:39

Karl Tremblay salue la foule.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Reste que sur les Plaines – autant dans le groupe que dans la foule –, les émotions étaient vives, voire à fleur de peau, et les larmes ont coulé à flots. Tout le monde était conscient de ce qui se tramait sur scène. Et soudainement, les paroles des chansons des Cowboys Fringants, qui font souvent référence au côté éphémère de la vie, prenaient une tout autre signification…

Ce fut le cas avec Ici-bas, la pièce qu’ils ont choisie pour ouvrir le spectacle. Lorsque le chanteur, droit devant son micro, a prononcé les paroles J’avancerai comme un con / Avec l’espoir dans chaque pas / Et ce jusqu’à mon dernier souffle / Ici-bas, la foule a immédiatement réagi en signe d’appui, au son du violon lancinant de Marie-Annick Lépine.

La violoniste Marie-Annick Lépine.

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La violoniste Marie-Annick Lépine

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Le moment avait de quoi donner des frissons. Et ce ne serait pas la seule fois de cette soirée au cours de laquelle le groupe de Repentigny a revisité son répertoire des deux dernières décennies.

Bye Bye Lou, La manifestation et La reine ont suivi. Sur le visage de Karl Tremblay, on pouvait lire le plaisir éprouvé à retrouver ses fans en aussi grand nombre, mais aussi l’effort que ça lui demandait d’être là. Sur scène autour de lui, les autres Cowboys et leurs musiciens de tournée semblaient quant à eux vouloir compenser par leur énergie débordante.

20230717cowboysfringants181:31

La foule a participé de tout coeur au spectacle.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Vous allez bien, tout le monde? On est tellement contents d’être de retour. On était tellement déçus quand on va vu le gros nuage noir, jeudi. On est tellement contents que vous soyez de retour aussi. En ce beau lundi de juillet, de remplir les Plaines… Merci au Festival d’avoir rallongé pour nous. Et je pense que vous leur avez donné raison en vous présentant ici ce soir, a lancé le chanteur à un public de fidèles.

Bien présente dès le début de la performance, la magie a particulièrement opéré pendant l’interprétation de Toune d’automne, une des chansons les plus populaires du groupe, que les festivaliers ont entonné, tirant un Bravo, Québec! à Karl Tremblay.

Montrant des signes évidents de fatigue, le chanteur se tenait à son pied de micro et s’essuyait régulièrement le visage avec sa cravate à ce stade de la soirée. Il a néanmoins poursuivi le spectacle, enfilant Les maisons toutes pareilles et Ti-cul, pendant laquelle le bassiste Jérôme Dupras se payait un bain de foule.

Jérôme Dupras joue de la guitare basse sur scène.

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Le bassiste Jérôme Dupras s’est payé un bain de foule.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Karl Tremblay a pour sa part terminé la chanson assis, visiblement éprouvé. Les écrans de la scène ont alors été tournés au noir, pendant que le groupe s’enquérait de son état. Après qu’un membre eut annoncé qu’il donnerait un break à Karl pendant quelques minutes, le chanteur a courageusement décidé de poursuivre, suscitant une vague de sympathie dans la foule.

L’émotion allait atteindre son paroxysme avec son touchant rendu de la pièce Sur mon épaule, où on l’entend dire Mets ta tête sur mon épaule / Pour que mon amour te frôle / Toi qui en as tant besoin, puis de Plus rien, qui commence avec les paroles Il ne reste que quelques minutes à ma vie / Tout au plus quelques heures, je sens que je faiblis.

Le guitariste Jean-François Pauzé a officié au micro pendant la pièce « Le temps perdu ».

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Le guitariste Jean-François Pauzé a officié au micro pendant la pièce Le temps perdu.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Soudainement, des dizaines de milliers de lumières de téléphones portables se sont mises à scintiller sur les Plaines, rendant le moment mémorable. C’est là que Karl Tremblay est finalement sorti reprendre son souffle. Pendant ce temps, le guitariste Jean-François Pauzé a officié au micro, pour la pièce Le temps perdu.

À son retour à l’avant-scène, le chanteur s’est assis, puis a levé les épaules en signe de défaite. Il n’avait pas besoin d’expliquer davantage.

Le bonhomme commence à être magané un peu, mais ce n’est pas grave. On va passer à travers. Vous savez, on en a fait, des festivals, un peu partout dans la francophonie, et honnêtement, le Festival d’été, c’est le plus beau festival du monde, mesdames et messieurs!

Il n’en fallait pas plus pour que Les Cowboys se lancent dans la poignante L’Amérique pleure, chantée en duo par Tremblay et Pauzé, qui allait amorcer le crescendo final complété par Droit devant, Joyeux calvaire – au cours de laquelle Dupras a fait du bodysurfing – et Tant qu’on aura de l’amour.

Pour cette dernière, le bassiste a recruté quelques spectateurs qu’il a fait monter sur scène afin de créer une chorale improvisée. La poignée de chanceux a drapé les épaules de Karl Tremblay d’un drapeau du Québec. Le chanteur les a remerciés en leur faisant l’accolade.

Karl Tremblay et Marie-Annick Lépine, sur scène.

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Au rappel, Les Cowboys ont déroulé trois classiques de leur répertoire.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Au rappel, Les Cowboys Fringants ont déroulé trois autres incontournables de leur répertoire, Le Shack à Hector, avec Tremblay et Pauzé aux gazous, Marine marchande, avec la collaboration de Sara Dufour à la voix, et, en conclusion, une version épique de la chanson Les étoiles filantes, avec des lumières de cellulaires et une pluie de confettis dans la foule.

Mais surtout avec de l’émotion brute sur le visage des Cowboys, qui allaient finalement offrir une ultime chanson, Un p’tit tour, en version dépouillée guitare acoustique-mandoline.

À 23 h 40, le rideau tombait définitivement sur cette soirée historique. On ne saura probablement jamais comment l’ajout de cette 12e journée a coûté à la Ville de Québec et au FEQ, mais ce qui est certain, c’est que les souvenirs qui ont été créés, eux, n’ont pas de prix.

Des milliers de gens massés devant la scène.

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Près de 90 000 personnes se sont massées sur les plaines d’Abraham pour assister au spectacle des Cowboys Fringants.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Robert Charlebois, pas ordinaire

Après s’être fait bousculer par la météo jeudi, Robert Charlebois a enfin pu présenter la version estivale de son spectacle Robert en CharleboisScope prévue à l’origine.

Contrairement à il y a quatre jours, la performance du légendaire rocker a été précédée par des projections d’entrevues d’archives où un jeune Charlebois dit redouter de devenir un vieux chanteur de 30 ans! Quelque 49 ans plus tard, force est de constater qu’il s’était inquiété pour rien!

Robert Charlebois joue de la guitare.

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Le plus jeune des vieux chanteurs, Robert Charlebois

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

En forme comme un jeune loup, l’œil vif, cette force de la nature a essentiellement gardé le même plan de match, débutant sa prestation avec Le manque de confiance en soi, dans laquelle il annonce qu’on va manquer not’ coup.

On a manqué notre coup jeudi, mais on va pas le manquer aujourd’hui, c’est promis! Êtes-vous en vie? On va réchauffer ça, ce petit party-là, pour Les Cowboys!, a fait savoir un Charlebois survolté avant d’entamer une version aux accents traditionnels de Dolores.

Robert Charlebois chante sur scène.

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Robert Charlebois n’a rien perdu de sa fougue de jeunesse.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Le vénérable chanteur a ensuite rappelé au public qu’il y a près de 50 ans, lors du concert de la Superfrancofête du 13 août 1974, il s’était produit sur les plaines d’Abraham en compagnie de Vigneault et Leclerc devant 100 000 personnes. Ce concert, rebaptisé J’ai vu le loup, le renard, le lion par la suite, est considéré par plusieurs comme celui qui a lancé la tradition des grands rassemblements québécois comme les spectacles de la fête nationale.

Charlebois avait pour l’occasion écrit deux chansons faites sur mesure pour le show avec Gilles et Félix, soit Les ailes d’un ange et Ent’ deux joints. Et ce sont des chansons qu’il a ensuite interprétées, incitant les spectateurs à crier des Québec! bien sentis pendant la première.

Plus tard, il racontera aussi que la pièce Mon pays avait aussi été écrite dans ce contexte.

J’ai écrit “Mon pays, c’est une job” pour répondre à Vigneault, a-t-il admis.

Robert Charlebois y va d'un solo de guitare.

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Charlebois a rappelé à la foule qu’il y a 50 ans, il participait au grand spectacle de la Superfrancofête sur les Plaines.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Le reste du programme faisait l’effet d’une rétrospective de meilleurs succès, avec Fu Man Chu, la magnifique Ordinaire, J’t’aime comme un fou, ainsi que California et Lindberg, en compagnie de sa complice de longue date Louise Forestier.

En toute fin de programme, Charlebois et Forestier étaient réunis à nouveau pour La fin du monde.

On aurait pu écrire ça cette année. Une toune de L’Osstidcho (1968-69)!, a noté Charlebois, au sujet de la chanson au texte apocalyptique, qui pourrait tout aussi bien décrire notre époque.

Coincé par le temps, le Garou original a dû sacrifier Je reviendrai à Montréal au rappel, pour conclure avec Te v’là, une berceuse en mi majeur de Marcel Sabourin, a-t-il ironisé.

Robert Charlebois, sur scène, devant des milliers de personnes.

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Robert Charlebois a bénéficié de la météo la plus favorable de tout le Festival d’été, lundi.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Une conclusion parfaite pour ce spectacle imparable offert sous l’un des ciels les plus cléments auxquels on a eu droit depuis le début du Festival d’été. Il aura fallu attendre la 12e journée!

Merci! Il ne peut pas faire plus beau! Je vous aime! a convenu Charlebois en tombée de rideau.

Sara Dufour

C’est un privilège rare pour les artistes québécois de fouler la grande scène des plaines d’Abraham et d’y présenter leur propre matériel. L’importance du cadeau n’a pas échappé à Sara Dufour, qui a profité au maximum de l’occasion qui s’est finalement concrétisée lundi, après le faux départ de jeudi.

Sara Dufour joue de la guitare et chante sur scène.

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L’auteure-compositrice-interprète Sara Dufour

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Oh! My god!, a lancé l’auteure-compositrice-interprète à son arrivée sur les planches, prenant la mesure de la foule déjà importante rassemblée sur le site à 19 h. Ah! Ça n’a pas de bon sens! C’est de toute beauté! J’ai vraiment l’impression de participer à une soirée historique, mémorable, a-t-elle fait savoir, visiblement excitée.

Nœud papillon au cou et bottes orange fluo aux pieds, la petite dynamo originaire de Dolbeau-Mistassini a entrepris de se présenter à un public qui n’était peut-être pas familier avec son répertoire folk-rock, proposant un programme principalement tiré de son album homonyme de 2019.

Sara Dufour chante sur scène.

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Sara Dufour a raconté qu’elle a joué dans l’émission jeunesse Watatatow.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Menant son solide groupe de musiciens dans Chez Té Mille en ouverture, elle a ensuite enfilé Baseball, une pièce autobiographique où elle raconte notamment avoir quitté son Lac-Saint-Jean natal pour aller jouer dans la série jeunesse Watatatow – elle incarnait le rôle de Laurence Bouchard –, à Montréal, citation du thème musical en prime!

Elle a ensuite transporté le public avec son énergie contagieuse avec les irrésistibles Sans rancune Buddé, Semi-route semi-trail, et Chic-Chocs, où le violon, le banjo et les claviers donnaient une couleur plus country à sa proposition.

Un seul écueil : un faux départ dans J’t’écoeurée, qu’elle a souligné par un gentil sourire à ses musiciens. Autrement, une solide performance dont Sara Dufour peut être fière.

Sara Dufour joue de la guitare sur scène.

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Pour Sara Dufour, son spectacle sur les Plaines représentait un sommet en carrière.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Elle a d’ailleurs confié qu’il s’agissait d’un sommet dans sa carrière jusqu’à maintenant. Sans compter qu’elle était reconnaissante de prendre part à un moment historique, légendaire.

J’ai vraiment l’impression de participer à quelque chose de plus grand que moi, a-t-elle dit.

C’est mon plus gros spectacle à vie, ma plus grosse foule à vie. Je suis vraiment fière de partager ça avec vous, Les Cowboys et Robert Charlebois, a-t-elle continué, avant d’interpréter Parce qu’on s’aime en version dépouillée voix-guitare acoustique.

Sara Dufour, entourée de musiciens.

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Sara Dufour était entourée d’un solide groupe de musiciens.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

Elle n’allait donc pas bouder son plaisir d’immortaliser le moment, ce qu’elle a fait en réunissant son groupe sur le devant de la scène. La foule a contribué à la photo en levant les bras au ciel, avant de se mettre à scander des Sara! Sara! Sara!.

Il ne restait plus à la chanteuse qu’à tirer sa révérence, ce qu’elle a fait avec l’excellente complainte de circonstance, Ciao Bye.

Source : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1996962/cowboys-fringants-festival-ete

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Date de Publication : 2023-07-18 09:06:34

Le droit d’auteur pour le contenu syndiqué appartient à la source liée.

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