Les aventures extraordinaires de Moïse Lévy – Episode 8. Par Eden Levi-Campana

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Résumé des 6 premiers épisodes :

Moïse Levy découvre l’expulsion imminente des habitants de son kibboutz en Haute Galilée, pour la construction d’une route. Il se rend à Safed et apprend que ses parents sont en réalité vivants. Pendant son voyage en bus vers Tel Aviv, il se remémore l’attaque passée du kibboutz, 25 ans plus tôt. Chemin faisant il sympathise avec Arieh, un hassid américain et échappe de peu à un accident, grâce à son ami David.

David révèle à Moïse que son père est en Corse et lui propose de rejoindre le Mossad en échange d’un passeport et d’une carte bancaire. Moïse accepte la proposition de David et rencontre l’agent Noah qui doit l’instruire. Sa mission est de prendre des photos du siège du trafiquant d’armes Karl Lee à New York. Moïse a des difficultés avec son nouveau téléphone portable.

Moïse se rend dans un studio pour prendre des photos pour son passeport, où il rencontre Nikita. Au Shuk HaCarmel, Moïse aide l’orphelin Dov en achetant ses dernières pommes. Il doit déjeuner avec lui mais il a oublié son téléphone chez Nikita.

 

Résumé épisode 7 :

Moïse se rend sur une plage pour récupérer son téléphone. Nikita l’a emporté par erreur. Il assiste à une séance photo d’un mariage pour une publicité. Moïse fait face à un dragon de Komodo nommé Golda Meir, qui sème la panique sur le plateau.

 

Les voyageurs du ciel

 

(flashback)

Yaël rit. La fillette tient dans sa main un manche à balai, sur lequel est fixé une cordelette, au bout de laquelle est attaché un morceau de bois. Elle fait tournoyer le morceau de bois autour du manche comme les pales d’un moulin. Un bruit sourd accompagne les mouvements, un son se modifiant selon la force, l’intensité et la vitesse qu’impulse l’apprentie mélomane à l’instrument de fortune. Moïse muni du même équipement que Yaël, semble frapper un adversaire imaginaire.

 

Sur un arbre, un chevreau surveille religieusement les gestes de Yaël. L’adolescente observe l’observateur qui l’observe et suit l’ascension paisible du reste du troupeau vers les hauteurs du Mont Méron. Au milieu du troupeau, une chèvre bêle avec insistance. Le chevreau jette un dernier coup d’œil vers les enfants, plonge de son perchoir, rebondit sur un gros rocher, s’élance vers sa mère qu’il rejoint en quatre sauts précis.

 

Moïse court à présent dans le champ de coquelicot. Il se baisse, fauche une dizaine de fleurs, les ramasse, en cueille d’autres moins abîmées et en fait un bouquet.

– Regarde comme elles sont belles, dit Moïse.

– C’est pour ça que tu les coupent ? Ah les humains…

L’adolescente porte une chemisette rouge. Moïse lui tend le bouquet.

– Regarde, toi et les fleurs vous êtes pareil. Pereg !

– Quoi pereg ? Tu me prends pour un coquelicot ?

– Oui, je vais t’appeler Pereg, coquelicot, dit-il en donnant les fleurs à Yaël.

Yaël prend les fleurs et rit à gorge déployée : – Et ça ? Tu sais le nom ?

– Quoi ? répond Moïse.

– Le nom de l’instrument… insiste Yaël.

– Un manche à coup !

– Un quoi ?

– un manche à coup, comme celui de Bruce Lee, précise le jeune combattant qui a repris sa lutte féroce.

– Nunchaku, corrige Yaël.

– Si tu veux.

– Oui je veux, dit la fillette en prenant son souffle. Sur un ton professoral elle annonce : – alors cet instrument,… c’est un Rhombe australien. C’est mon père qui me l’a dit.

– Une tombe australien ? Kever ?

– Rhombe pas tombe. Ah ces hommes, il faut tout leur apprendre.

Le jeune garçon sourit : – c’est moi l’homme ?

– Rèd li mé hagav, répond Yaël en lui tournant le dos.

– Oy ! Pereg ! Viens te battre avec ton manche à coup, dit Moïse en lui donnant doucement des coups avec son bâton.

– Une lady ne se bat pas, elle est dans sa tour d’ivoire.

– Et moi je viens en hélicoptère jusqu’en Afrique pour te capturer, annonce Moïse en faisant tourner son morceau de bois comme une hélice.

 

De nos jours, une plage non loin du centre de Tel-Aviv, vers treize heures.

 

Moïse regarde les hélices dans le ciel. Il a le soleil dans le dos et distingue bien l’objet volant, un drone plus petit qu’un hélicoptère mais deux fois plus grand que des voitures « City Transformer ». Sous l’engin six bras lui donne l’air d’une araignée crabe, avec un gros corps blanc et des hélices aux bout des pattes.

Le bruit de chaque hélice ressemble à celui des Rhombes australiens de son enfance. Le drone descend quasi à la verticale. Il se stabilise à quelques mètres au-dessus de Moïse, provoquant une mini tempête de sable. Moïse protège ses yeux. Le drone fait un écart de 10 mètres vers la route, puis se pose sur la bande de terre qui longe la plage. Un homme habillé d’une combinaison kaki émerge du drone. Les portières s’ouvrent comme celles de la voiture de David, donnant un air de chauve-souris à l’araignée crabe. Le pilote s’approche à pas rapides de Moïse :

– Monsieur, où est votre téléphone ?

– Pardon ? s’exclame Moïse.

– Vous devez me donner votre téléphone,… maintenant, répète le pilote.

Moïse se retourne et découvre que Nikita est juste derrière lui.

– J’ai besoin de mon téléphone.

– Et ? demande le photographe, qui visiblement ne s’est pas remis de sa frayeur avec le dragon de Komodo.

– Ton assistante l’a mis dans la pochette du studio. C’est ce qu’elle m’a dit.

 

Nikita marche jusqu’au parasol, suivit par Moïse et le pilote. Il prend une pochette verte, large comme trois pouces, posée dans une caisse avec du matériel photo. Il ouvre la pochette, regarde à l’intérieur avec insistance, extrait le téléphone rose fuchsia si caractéristique de Moïse et le lui tend : – Je ne comprends pas.

– Je l’ai oublié au studio et ton assistante a pensé que c’était le tien.

– mmmhumm !

Le photographe regarde le pilote et désigne le drone : – c’est un taxi volant ?

– Une version militaire.

 

Le pilote prend le téléphone, tape un code pour le déverrouiller, puis compose un numéro.

– Ken, je suis avec lui. Ken Madame. Ken. Je vous le passe.

Le pilote tend l’appareil à Moïse.

– Noah ! Hors de question que je monte dans cet engin de mort.

Moïse écoute la réponse de Noah.

– Et alors ? Je prends un taxi, je suis chez David dans 20 minutes.

Moïse écoute la réponse de Noah.

– Quel missile ? Je ne suis pas au courant.

Moïse écoute la réponse de Noah.

– j’arrive, répond Moïse.

– Suivez-moi, dit le pilote.

– Karagül ? lance Nikita à Moïse.

Moïse lui répond par un regard inquiet : – regarde les infos, ils ont balancé un missile sur Tel Aviv.

Nikita interpelle à nouveau Moïse : – Karagül qui es-tu ?

Moïse lui répond sans se retourner : – Seulement Moïse Levy, Moïse le petit Kiboutznik.

 

Moïse et le pilote marchent jusqu’au drone. Le pilote ouvre la porte à Moïse et lui montre comment s’installer, puis il va s’asseoir à côté de lui. Moïse regarde tour à tour Nikita sur la plage et le pilote. Le tableau de bord, d’un gris souris, est très dépouillé. En fait, il y a juste un petit écran et une manette qui ressemble à un joystick de jeu vidéo.

Le pilote appuie sur deux boutons sur sa gauche, tire sur le joystick et l’appareil grimpe dans les airs à la verticale. Il monte rapidement à une hauteur de 400 à 500 mètres. Moïse, certain que sa dernière heure est arrivée plante ses ongles dans le fauteuil en simili cuir, de couleur bleu. Sa mâchoire supérieure semble soudée à sa mâchoire inférieure. Il est tellement crispé que deux veines apparaissent de chaque côté de sa tempe. Le Kiboutznik à la sensation de manquer d’air. Il tire sur sa ceinture et expire bruyamment. Pendant ce temps le drone file à toute vitesse en direction du centre-ville de Tel Aviv.

Les voyageurs du ciel longent, un temps, les plages de Tel Aviv. Moïse, qui avait les yeux rivés sur le tableau de bord, ose un regard sur sa droite. Il voit deux hommes accrochés à un parachute ascensionnel multicolore, tiré par un bateau. Alors que le drone prend un virage assez sec sur la gauche, il se trouve face à face avec des ballons gonflés à l’hélium qui se dirigent tel Icare vers le soleil. Le pilote fait un petit écart et les ballons sont propulsés sur la droite de Moïse, qui les regarde s’éloigner. Il compte : – 6 rouges, 5 blancs.

Moïse qui n’a pas pris l’avion depuis son enfance et encore moins un hélicoptère a de la peine à croire qu’il est dans un drone au-dessus de Tel Aviv. Il jette un coup d’œil furtif à l’extérieur en se disant qu’il fallait bien mourir de quelque chose. Le plus probable pour lui étant qu’ils vont se fracasser contre la Skyline de Tel Aviv.

 

Malgré sa peur, il est quand même subjugué par la vue qui s’offre à lui. La Ville Blanche se déploie telle une symphonie architecturale, où chaque note révèle la beauté et l’élégance de la cité méditerranéenne. Extrêmement moderne car extrêmement récente, Tel Aviv ne renie pas ses gratte-ciels qui scintillent comme des joyaux, reflétant la lumière du soleil sur ses façades de verre et d’acier, créant une mosaïque étincelante dans le ciel azuré.

Photo by Matanya Tausig/FLASH90

Moïse regarde un avion de ligne qui passe, à une proximité indécente des tours. Devant lui les bâtiments Bauhaus étirent leurs lignes épurées le long des rues, en une symétrie harmonieuse. Moïse a un petit rictus en pensant que les nazis, en 1933 à Berlin, ont fait fermer l’école d’architecture et d’arts appliqués « Staatliches Bauhaus » car ils considéraient qu’elle enseignait un « art dégénéré ». Si la peste brune avait pu s’arrêter là dans ses délires nauséabonds !

 

Plus loin, sur sa droite, Moïse aperçoit encore le quartier de Jaffa, avec son port historique et ses bâtiments en pierre, qui se détache clairement du reste de la ville. Il devine ses ruelles étroites et ses bâtiments historique plus qu’il ne les voie.

 

Cette promenade dans le ciel, a été un véritable calvaire pour Moïse. Convenir du contraire, ce serait affirmer qu’il a été un idiot toute sa vie, voire un lâche. Non, il n’est pas resté dans son Kiboutz par confort ni par crainte, et non ce tableau vivant de Tel Aviv, ses formes, ses couleurs et ses textures qui transcendent les limites de la réalité, n’ont rien d’extraordinaire. Enfin presque.

 

Dès que l’engin est posé, Moïse court en direction de l’immeuble de David. Il passe devant le studio photo « Nikita Photography Center ». Il arrive rapidement en bas de l’immeuble. Une vieille dame est en train de pénétrer tout doucement dans le hall. Il lui tient la porte et en profite pour entrer. Il glisse à grandes enjambées devant les ascenseurs, prend celui de droite, l’ascenseur qui monte directement à l’appartement de David et tape à la porte. Quelques secondes plus tard Noah lui ouvre. Elle est au téléphone et fait signe à Moïse d’entrer.

 

– Il vient d’arriver, je pars tout de suite, dit Noah.

 

Moïse entre, ferme la porte et voit le chat qui vient à sa rencontre. Il l’attrape et le caresse de manière mécanique. Moïse croit comprendre la situation. Il parle au chat comme pour se rassurer, ou plutôt il murmure : – Salut Struwelpeter, où est ton maître ?

Le miaulement du chaton ne le rassure pas du tout, ni le léchage intempestif de son nez. Noah s’approche de Moïse et lui dit : – Ils ont enlevé David !

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour le prochain épisode des « AVENTURES EXTRAORDINAIRES DE MOÏSE LEVY».

 

moiselevy.fr

https://www.facebook.com/les.aventures.extraordinaires.de.Moise.Levy

Source : https://lphinfo.com/les-aventures-extraordinaires-de-moise-levy-episode-8-par-eden-levi-campana/

Auteur :

Date de Publication : 2023-07-07 15:03:04

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