une segmentation des gammes de plus en plus difficile à comprendre

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Depuis le lancement de la monture E en 2010, Sony n’a eu de cesse de développer des appareils photo hybrides toujours plus performants, jusqu’à proposer une gamme très conséquente. Peut-être un peu trop même, au point de complexifier (à outrance ?) son offre et d’oublier des boîtiers prometteurs…

De nombreuses références pas toujours bien identifiables.

Sony, 13 ans et 45 appareils photo hybrides plus tard

En juin 2010, Sony inaugurait la monture E pour appareils photo hybrides en commercialisant le Sony Nex-3. Un boîtier doté d’un capteur APS-C de 14,2 Mpx.

Fin 2013, la firme nippone élargissait sa monture aux capteurs 24×36 en proposant les Alpha 7 (A7) et Alpha 7R (A7R). 10 ans plus tard, on dénombre près de 45 appareils issus du catalogue du géant de l’électronique japonais. Certains furent précurseurs dans le secteur, comme avec l’Alpha 7 II, premier hybride 24×36 équipé de la stabilisation mécanique du capteur. En septembre 2023, on dénombre encore près de 25 boîtiers commercialisés par le constructeur, un record !

Un pouvoir d’attraction longtemps intact

L’A7S II fut prisé par les vidéastes en tout genre pour sa flexibilité en vidéo, quand l’Alpha 9 fut le premier APN 24×36 à pouvoir capturer des rafales jusqu’à 20 i/s (certes en RAW compressé). Au fil des années, la gamme s’est affinée et certains des boîtiers Sony sont reconnus pour leurs performances et leur polyvalence. Comment ne pas mentionner l’excellent A7 III, véritable best-seller dont on se souviendra comme l’hybride qui enterra vraiment les reflex ?

Le Sony A7 II fut le premier hybride 24×36 stabilisé.

Mais alors que les années se succèdent, la concurrence est revenue au niveau du géant de l’électronique et malgré un enchainement rapide de sorties de boîtier de la part de Sony, il reste toujours un arrière-goût en bouche.

Des évolutions par petites touches qui font tache

Pour qui a pu utiliser un Sony A7 IV, on se demande pourquoi, tout en dotant l’appareil d’options vidéo très poussées, on se retrouve avec une 4K à 60 i/s avec un recadrage Super 35. Et ce, sur un boîtier capable, sur le papier, d’enregistrer jusqu’en 8K ! Ou bien pourquoi l’A7S III lancé l’année précédente et se reposant (hormis le capteur) sur une architecture très similaire n’a pas reçu des mises à jour pour récupérer les options vidéos de l’A7 IV, comme la Focus Map ou la compensation du focus breathing.

Dans le même ordre d’idée, au milieu de l’année 2023, les caméras « cinéma » FX3 et FX30 ont été mises à jour pour pouvoir filmer en 4K DCI en plus de la traditionnelle 4K UHD alors que l’A7S III ou son clone compact, le ZV-E1, n’ont pas eu droit aux mêmes égards.

Les A7C nouvelle génération ne vont pas sans compromis

La liste est encore plus longue et tend à se densifier avec chaque nouvelle sortie. Prenons par exemple les récents A7C R et A7C II, déclinaisons minimalistes des Sony A7R V et A7 IV. Ils reprennent les capteurs et la plupart des fonctions de ces deux boîtiers mais se voient gratifier de compromis parfois aberrants.

Le Sony A7R V est la version sans compromis de l’A7C R.

Comment ne pas mentionner un viseur électronique limité à 2,36 Mpts ou bien un slot unique pour carte SD — alors que la CFexpress Type A est bien plus pratique pour les fortes définitions ? L’A7C R perd aussi l’enregistrement en 8K – la faute selon Sony à un boîtier trop compact dissipant moins bien la chaleur. Ce dernier étant alors commercialisé 3700 € contre 4500 € pour son « grand frère » l’A7R V.

Les joysticks sont aux abonnés absents et plus on fouille ces nouveaux hybrides compacts, plus on comprend qu’il faut qu’ils proposent une expérience approchant des A7R V ou A7 IV mais en évitant à tout prix de marcher sur leurs plate-bandes. Seul l’autofocus de l’A7C II utilisant l’IA surclasse alors l’A7 IV. Presque un non-sens pour Sony en faisant passer l’A7 IV — dans ce cas précis — pour un boîtier « d’ancienne génération ».

On attendait un peu plus du Sony A6700

Et les appareils APS-C sont aussi concernés par ces évolutions a minima, que l’on mettra sur le dos d’une segmentation de gamme trop agressive. Le Sony A6700 que l’électronicien a lancé en juillet 2023, près de 4 ans après l’A6600, s’est certes vu doté d’un capteur réhaussé de 2 Mpx et d’un système autofocus très performant, nul ne le conteste, et sa captation vidéo est de très bonne facture. Toutefois, le boîtier ne bouleverse pas vraiment les codes de l’APS-C.

Le viseur reste cantonné à une définition assez faible, l’absence de joystick se fait cruellement ressentir, mais surtout, la concurrence a évolué et elle n’attend plus Sony. Placé entre le Canon EOS R7 et le Fujifilm X-T5, l’A6700 ne semble plus si attrayant. Sa rafale reste bloquée à 11 i/s alors qu’il semble aisé à présent de s’affranchir de la barre des 30 i/s. On se retrouve aussi avec un léger recadrage en vidéo assez incompréhensible quand certains rivaux filment en 6K plein cadre…

Le X-T5 est un vrai appareil APS-C premium

La concurrence est désormais féroce

Certes nous « pinaillons » et les appareils de Sony demeurent excellents, bien accompagnés par des optiques toujours plus réussies, et si nous comprenons (partiellement) la logique commerciale qui veut de proposer toujours plus de boîtiers sans jamais intégrer toutes les fonctions dans un seul APN, nous trouvons que du point vue de l’utilisateur, c’est peu acceptable.

Le Sony Alpha 1 sera-t-il bientôt remplacé ?

Prenons le cas du Sony Alpha 1. Soit LE fleuron de la marque depuis son lancement en 2021. Un produit élitiste à 7300 € pour les photographes de sport ou animalier principalement. Il a presque tout ce qu’on attend d’un appareil de ce type encore aujourd’hui : rafale à 30 i/s, enregistrement en 8K (UHD), autofocus vif ou encore un viseur ultra-défini. Pourtant, un peu plus de deux ans après son lancement, il n’a connu que très peu de mises à jour alors que l’on pouvait espérer l’intégration de certaines fonctions de l’A7 IV par exemple.

L’appareil se maintient à son prix initial, sans pour autant recevoir les mêmes attentions que Nikon donne à ses Z8 ou Z9. On comprend alors que la prochaine mise à jour de l’Alpha 1 s’appellera en fait Alpha 1 Mark II, proposé sans doute aux alentours des 8000 €…

Difficile de faire plus complet que les Nikon Z9 ou Z8

La confusion des gammes ne sert pas Sony

Aussi, contrairement à Nikon, Sony, qui s’est bien installé sur la deuxième marche du podium des constructeurs photo, se repose – vu d’ici – sur ses lauriers, peu craintif, en apparence, de la concurrence.

Devant tant de produits, parfois très similaires et séparés par une fonction ou un viseur et avec des prix allant de 640 € jusqu’à 7300 €, il est clair que la gamme de Sony vise à couvrir toutes les pratiques de la photo, et à asphyxier petit à petit la concurrence d’un point de vue strictement commercial.

Sony a ainsi mis en place, depuis plusieurs années, une stratégie redoutable, en conservant au catalogue plusieures générations précédentes, comme c’est le cas sur l’Alpha 7 avec l’A7 II, l’A7 III et l’A7 IV disponible à la vente. Acheter aujourd’hui un Sony A7 II neuf, hormis pour son tarif imbattable en kit chez un revendeur au carré orange, n’indique pas souvent qu’il s’agisse d’un produit sorti … il y a 8 ans ! Le client peu avisé risque de grincer des dents en découvrant ses performances réelles.

Au final, on finit par s’y perdre, entre les appareils d’entrée de gamme, amateurs, experts, vlog, vidéo, studio, professionnels, etc. Depuis l’A7 III, on attend un produit vraiment polyvalent et offrant un bon rapport qualité-prix, tel le Panasonic Lumix S5 II, qui, malgré un autofocus toujours un peu en retrait, ne fait que très peu de compromis.

Le A1 est un appareil formidable mais quelque peu délaissé par Sony.

On peut affirmer que Sony a opéré une petite révolution dans le milieu de la photo numérique et vise avec ses gammes élargies un public toujours plus large, essayant de fait de rattraper l’indéboulonnable leader qu’est Canon. Mais cela vire parfois à la confusion et laisse des boîtiers très intéressants un peu sur le carreau, obligeant Sony a un numéro d’équilibriste parfois difficilement compréhensible.

Source : https://phototrend.fr/2023/09/sony-segmentation-gammes/

Auteur :

Date de Publication : 2023-09-05 10:10:31

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