la nouvelle donne en photographie instantanée ?

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Polaroid vient de dévoiler son nouvel appareil photo instantané, le Polaroid I-2. Résolument haut de gamme, cet appareil succède au I-1, en mêlant photo instantanée, réglages manuels et connectivité Bluetooth, pour offrir plus de choix aux fans de la marque. Qu’en est-il sur le terrain ? Ce boîtier vient-il révolutionner le genre de la photographie instantanée ? Nous avons eu l’occasion d’utiliser le boîtier en amont de sa sortie en France, et voici notre test complet du Polaroid I-2.

Quand l’Impossible a lieu pour Polaroid

Si vous avez bonne mémoire, vous saurez que le précédent boîtier photo instantané I-1 ne s’appelait pas Polaroid, mais Impossible. La raison est simple : à la fermeture de la dernière usine de production de films Polaroid aux Pays-Bas en 2008, d’anciens employés, menés par Florian Kaps, décident de créer The Impossible Project (le projet impossible) pour reprendre le flambeau dans la fabrication de films instantanés.

Sobriété est son maître mot

A l’époque, The Impossible Project remet également à neuf d’anciens appareils photo Polaroid, et crée en 2016 l’Impossible I-1, un appareil photo instantané novateur.

Nous sommes en 2023 et l’I-2 est désormais badgé Polaroid. Comment est-ce possible ? Tout simplement suite au rachat, en 2017, de la marque Polaroid par l’actionnaire majoritaire de The Impossible Project. Avec le rachat total des droits de propriété intellectuelle, l’entreprise disposait alors librement de la marque Polaroid, bien plus porteuse et chargée d’histoire.

C’est ainsi qu’Impossible Project est (re)devenu Polaroid, mais à une échelle toute autre, puisque l’entreprise compte environ 350 personnes et fabrique des produits photo instantanés ainsi que des enceintes au look rétro bien inspiré.

Présentation du Polaroid I-2

Après le succès très mitigé du I-1 sorti en 2017, qui souffrait d’un manque de fiabilité malgré un design et une conception innovante, Polaroid remet le couvert en 2023 avec la sortie du I-2. Et il faut dire que le fabricant n’a pas chômé, puisque cela fait 5 ans que le projet a débuté, en 2018, sur les cendres de l’I-1.

T’as le look coco

L’objectif de Polaroid avec le I-2 ? « Concevoir un appareil photo Polaroid haut de gamme, afin de donner plus de choix aux amateurs de photographie analogique », indique Oskar Smolokowski, PDG de Polaroid.

L’I-2 offre ainsi plus de contrôle et surtout un nouveau bloc optique pour une meilleure qualité d’image. Il est vrai que si les appareils photo Polaroid récents sont appréciés pour leur look et le rendu photo vintage, ce n’est souvent pas en termes de qualité d’image intrinsèque que ces clichés brillent.

Le Polaroid i-2 utilise notamment des films i-Type

Dans la conception du I-2, Polaroid s’est associé à un opticien japonais pour concevoir son objectif. Une petite musique qui ressemble au Pentax Film Project qui a consulté des ingénieurs Pentax à la retraite pour repenser un appareil photo argentique.

Le résultat, c’est un bloc optique complètement revu. Doté de 3 éléments – sans plus de détails –, il offre une focale de 98 mm, correspondant à une optique standard en 24×36. Ce bloc optique dispose d’un mécanisme autofocus pas à pas dont la mise au point est guidée par un module LiDAR permettant d’estimer la distance à l’aide d’un laser, le même système que l’on retrouve sur certains smartphones et les voitures autonomes.

98 mm f/8 avec aurofocus

Voici les caractéristiques techniques du Polaroid I-2 :

Construction optique : 3 éléments

Focale : 98 mm

Ouverture min : f/8

Ouverture max : f/64

Champ de vision : 43° horizontal et 44° vertical

Vitesse : 1/250 s à 30 sec (mode Bulb jusqu’à 99 heures)

Autofocus : oui, moteur pas à pas, système LiDAR

Distance minimale de mise au point : 0,4 m

Boutons de commande et écran externe noir et blanc

Modes appareil photo : auto, priorité à l’ouverture, priorité , manuel, retardateur et exposition multiple

Viseur optique intégré

Flash : oui, portée de 2,5 m

Batterie : Ion-Lithium interne rechargeable via USB-C

Connectique : prise sync 2,5 mm pour flash externe, port USB-C

Fonctionne avec l’application mobile Polaroid (iOS et Android)

Filetage trépied : 1/4-20 UNC

Monture de filtre intégrée, compatible 49 mm

Dimensions : 149,9 x 119,3 x 91,2 mm (P x L x H)

Accessoires fournis : courroie, câble de recharge USB-C 1,2 m, protège objectif

Compatibilité : Film i-Type, 600 et SX-70

Poids : 620 g

Prise en main du Polaroid I-2

Tout comme le I-1, le Polaroid I-2 adopte une robe noire mate très sobre et premium. Avec 620 g sur la balance (cassette de film incluse), le boîtier est dans la fourchette haute en termes de poids. Et d’encombrement, puisqu’il mesure 119,3 mm de large pour 149,9 mm de long et 91,2 mm de haut. Attention aux petites mains. Heureusement, une petite dragonne permet de sécuriser l’appareil, même si on aurait aimé un concept un peu plus confortable.

Une sangle est fournie

De face, le Polaroid ressemble aux modèles iconiques de la marque, avec le bloc optique en plein milieu, surmonté de l’arc-en-ciel emblème de Polaroid, symbolisant le spectre de la lumière blanche. Autour de l’objectif, on retrouve deux roues crantées : une bague pour corriger l’exposition (de -2 à +2) et une bague de réglages, permettant de contrôler les menus du boîtier.

Les finitions sont très bonnes : Polaroid a utilisé un plastique renforcé, dont le revêtement permet de limiter les traces de doigt. Lors de notre découverte du boîtier, nous avons pu mettre la main sur un prototype du boîtier avec une coque entièrement transparente, de quoi apprécier la prouesse d’avoir pu caser tous les éléments nécessaires dans le boîtier. Malheureusement, cet appareil n’est pas opérationnel, puisque le film est ici directement irradié par la lumière.

Prototype transparent – et non opérationnel – du Polaroid I-2

Sur la gauche de l’optique, on retrouve le capteur LIDAR, ainsi que le viseur optique. Sur la droite, le flash intégré et le bouton de déclenchement rouge ornent la façade. Sous l’objectif, on trouve l’ouverture laissant sortir le film une fois déclenché, avec un protecteur de film.

A la sortie du film, une protection permet de ne pas exposer directement le pola à la lumière

A l’arrière, on retrouve une « pilule » dans laquelle se loge un petit écran externe noir et blanc (16 niveaux de gris) de 4 cm de haut qui offre les indications essentielles sur l’appareil : le mode choisi, l’ouverture, la vitesse, l’exposition, le niveau de batterie ainsi que le nombre de photos restantes dans l’appareil. Si l’écran offre des indications très utiles, il peut être parfois difficile à lire en plein soleil.

Réglages manuels

Un viseur au look rétro

On trouve également un bouton Mode/OK, un bouton Marche-arrêt, ainsi qu’un bouton pour activer/désactiver le flash sous l’écran. En bas du boîtier, on note la présence d’un port 2,5 mm de synchro flash ainsi que le port USB-C, utile uniquement pour la charge. Enfin, un pas de vis 1/4-20 UNC standard permet d’utiliser un trépied. Un commutateur sur le côté gauche ouvre la trappe à film.

Le boîtier est également fourni avec un câble de charge USB-C et un cache d’objectif pour protéger le bloc optique. Polaroid a eu la bonne idée d’utiliser un filetage 49 mm permettant d’utiliser des filtres circulaires.

Vue de dessous, avec le pas de vis pour trépied

Câble USB-C (sans chargeur) et sangle fournis

Un mot sur le viseur optique : Polaroid nous a indiqué avoir fortement travaillé ce dernier afin de le rendre le plus confortable et lumineux possible. Il est ainsi composé de pas moins de 7 lentilles et de 6 miroirs.

Pour offrir la visée la plus précise, ce viseur dispose d’un marquage avec un cadre afin de compenser l’effet parallaxe. Légèrement décalé vers le haut et la droite, il permet de cadrer parfaitement lorsque vous êtes entre 0,4 et 1 m. Au-delà, vous n’avez qu’à cadrer avec l’ensemble du viseur.

Dans l’ensemble, nous apprécions beaucoup le design et le fonctionnement de cet appareil, même si le choix du déclencheur en façade force parfois à se contorsionner. A noter également un petit bruit mécanique et robotique au démarrage de l’appareil. On repassera pour la discrétion.

Quand Polaroid rit

Modes de prise de vue et appli mobile

Pour offrir plus de possibilités créatives, le I-2 dispose de multiples modes de prise de vue. Ainsi, il est possible de modifier quasiment tous les paramètres de l’appareil, si ce n’est la sensibilité, puisque celle-ci est fixée par le support argentique.

L’I-2 dispose ainsi de 6 modes photo : auto, priorité ouverture (f/8, 11, 16, 22, 32, 45, 64), priorité vitesse, manuel, retardateur (de 3 à 12 sec) ainsi qu’exposition multiple (de 2 à 4 images).

Ces modes sont tous accessibles depuis l’appareil, sans passer par l’application mobile, en utilisant la roue crantée de réglage et le petit écran extérieur. L’interface est utilisable, mais cela peut prendre un peu de temps pour passer d’un réglage extrême à l’autre. Par exemple, si vous souhaitez photographier en priorité vitesse et passer de 1/250 à 30’’, il faudra vous armer de patience et de nombreux tours de molette, celle-ci étant linéaire.

Grâce au Bluetooth, l’appareil peut être contrôlé via l’app mobile Polaroid, disponible sur iOS et Android, afin d’accéder à encore plus de fonctionnalités. Il devient ainsi possible de commander l’appareil photo à distance (sans retour vidéo) et d’effectuer les mises à jour du firmware.


L’application Polaroid sur iOS

L’application permet également d’avoir sous la main, dans un design très réussi, tous les réglages, et de pouvoir les modifier plus facilement. L’appairage Bluetooth s’est fait très facilement (avec un iPhone). L’appli mobile s’avèrera ainsi utile si vous avez placé l’appareil sur trépied et toutes les informations sont déportées sur l’écran de votre smartphone, sauf la visée.

À noter que l’exposition multiple à 3 ou 4 photos n’est disponible que via l’application mobile.

Qualité d’image

Sur notre test du I-1, nous débutions cette partie par la phrase « l’I-1 est un appareil photo Polaroid, cette phrase devrait suffire à vous fixer quant à la qualité attendue ». Heureusement, l’I-2 nous a surpris avec une qualité d’image supérieure à tous les appareils photo Polaroid que nous avons pu avoir sous la main.

Les couleurs sont vives, mais toujours avec un ton Polaroid

Ainsi, durant nos tests, nous avons noté une très bonne qualité d’image, notamment en utilisant les films i-Type couleur de chez Polaroid. On retrouve bien entendu le rendu caractéristique de la chimie Polaroid, avec des couleurs douces et un peu passées, peu contrastées, sauf lorsque la lumière est très dure. Si vous cherchez un appareil photo avec un respect fidèle des couleurs, passez votre chemin.

Le film noir et blanc est un peu plus difficile à dompter, étant assez sensible à la sur-exposition selon nous. Il offre cependant des contrastes marqués, avec un vrai noir et blanc (et non des couleurs sépia comme sur les films Impossible).

En noir et blanc

Mais le plus étonnant est le piqué que nous avons pu obtenir avec cet appareil, notamment en photographie de portrait. Grâce à un système optique plus important, Polaroid réussit à améliorer la qualité d’image de son système, avec des clichés très piqués dès f/8.

L’appareil offre un excellent piqué

Le flash intégré permet de rajouter du contraste à l’image, et l’appareil peut être utilisé avec des systèmes d’éclairage plus conséquents grâce à sa prise sync flash. Idéal pour un photographe de studio souhaitant réaliser des instantanés avec leur système flash habituel.

Avec le flash, le contraste est plus marqué

On apprécie également les différents modes manuels, qui permettent de réaliser des clichés créatifs, comme ces poses longues avec les trainées des phares de voitures. Par contre, le mode exposition multiple nécessite un certain temps – et des films – d’adaptation pour pouvoir obtenir un résultat satisfaisant.

Les poses longues sont permises avec l’I-2

Dans l’ensemble, la qualité d’image de cet I-2 nous a très agréablement surpris. Mais à ce tarif, on n’en attendait pas moins. Polaroid positionne en effet cet appareil comme un outil de création professionnel, avec « l’objectif Polaroid le plus précis à ce jour ».

Autofocus

Polaroid utilise sur ce modèle un système LiDAR pour assister le mécanisme de mise au point à moteur pas-à-pas. Ne vous attendez pas à un AF ultra-rapide, nous sommes ici en présence d’un autofocus relativement lent et simple.

Ainsi, la mise au point se fait uniquement via le petit cadre au centre de l’image. Pour effectuer la mise au point sur un autre élément, il faut utiliser la technique mise au point à mi-course puis recadrage. La distance de mise au point est d’ailleurs indiquée sur les écrans interne et externe.

À noter que cela vient également verrouiller l’exposition, qui se fait via une mesure centrale pondérée couvrant 60% du champ de l’image. Aucune aide à l’AF n’est ici présente, comme la détection des yeux ou autre technologie récente.

A quelques reprises, nous avons déclenché l’appareil en voulant appuyer à mi-course, la sensibilité de ce dernier étant difficile à dompter au premier abord.

Heureusement, les performances autofocus, bien qu’assez simples, sont très bonnes. Elles ont permis de n’avoir que peu de déchets, avec des MAP faites en arrière-plan, un problème qui touchait le I-1. A condition par contre de ne pas déclencher trop vite, le temps que l’appareil fasse la mise au point.

Autonomie

Le Polaroid I-2 dispose d’une batterie interne dont nous ignorons la capacité ni l’autonomie annoncée. Celle-ci se recharge en USB-C.

Malgré le peu d’info à son sujet, on peut dire que l’autonomie est très bonne. Nous n’avons rechargé la batterie qu’une fois pendant notre test, surtout parce que nous explorions tous les réglages,

Si vous utilisez de manière intensive le flash, le Bluetooth et l’appareil photo, il est possible que vous deviez le recharger au bout de quelques paquets de films (4, dans notre cas).

Etant donné l’utilisation moins frénétique qu’un APN pour ce genre d’appareil photo, vous aurez largement le temps de le recharger entre temps, même avec une batterie portable. Bon point donc.

A qui se destine le Polaroid I-2 ?

Polaroid dispose d’une gamme assez restreinte d’appareils photo instantanés avec les Go, les Now et les Now+. Avec l’I-2, le constructeur cherche, comme nous le disions plus haut, à viser une autre cible, plus professionnelle, plus exigeante également.

Ainsi, le Polaroid I-2, en raison de son tarif de 699 €, dépasse de très loin la barrière jusque là fixée par Polaroid. L’I-1 était proposé à 299 €. Le boîtier le plus cher actuellement, le Now+ est proposé nu à partir de 130 €. Sans oublier le prix des consommables, évidemment, avec un prix à la photo entre 1,8 et 2 € selon les offres.

Grâce à ses réglages manuels complets, il s’adresse avant tout à un public n’ayant pas peur d’expérimenter, pouvant également intégrer l’appareil dans un workflow d’éclairage grâce à la prise sync.

Il ne faut également pas faire l’impasse sur les photographes à la recherche d’un bel objet. Sur ce point, le design du I-2 est également une franche réussite, mariant l’héritage Polaroid avec des lignes modernes.

Conclusion : I-2, le Pola-élite

L’I-2 représente-t-il une « étape majeure de l’histoire de Polaroid » comme l’a indiqué son PDG lors du lancement ? À coup sûr oui, car Polaroid signe ici un boîtier abouti, avec une qualité d’image en nette hausse par rapport aux précédentes versions.

Là où l’I-1 voulait peut-être en faire trop, quitte à ne finalement rien maîtriser, cette nouvelle itération offre une solution bien plus aboutie et haut de gamme.

Mais cette formule se paie cher. À 699 €, c’est également l’appareil photo instantané moderne le plus cher du marché. Saura-t-il trouver un public prêt à mettre ce prix-là dans un appareil photo instantané ? La question a le mérite de se poser.

Le Polaroid i-2 est disponible au tarif de 699 € à la Fnac et sur le site de Polaroid.

Test Polaroid I-2 : la nouvelle donne en photographie instantanée ?

Qualité d’image / impression

8.5

Points forts

Construction premium

Piqué supérieur aux autres Polaroid

Modes manuels complets

Application mobile facile à utiliser

Bonne autonomie

Points faibles

Rendu d’image Polaroid, on aime ou pas

Changement de réglage un peu long avec la bague

Ecran peu lisible en pleine journée

Boîtier un peu gros pour les petites mains

Viseur de qualité mais un peu étriqué

Sûrement le Polaroid le plus cher jamais vendu

Source : https://phototrend.fr/2023/09/test-polaroid-i-2-photographie-instantanee/

Auteur :

Date de Publication : 2023-09-07 15:00:00

Le droit d’auteur pour le contenu syndiqué appartient à la source liée.

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