Fujifilm s’attaque-t-il à la photo sportive au moyen format ?

Mise à jour : découvrez notre prise en main du Fujifilm GFX100 II

Vague de nouveautés chez Fujifilm. À l’occasion du X-Summit Stockholm 2023, le constructeur dévoile le Fujifilm GFX100 II, son nouveau boîtier hybride grand format. Doté d’un nouveau capteur 102 Mpx HS et du X-Processor 5, ce boîtier dispose d’un autofocus boosté à l’IA, d’une rafale jusqu’à 8 i/s et peut filmer jusqu’en 8K. Retour sur les principales caractéristiques du nouveau porte-étendard de Fujifilm, proposé dès fin septembre au tarif de 7 999 €.

GFX100 II : 3e boîtier 102 Mpx de Fujifilm

Il y a maintenant plus de 4 ans, Fujifilm dévoilait son GFX100, un appareil photo hybride qui venait complètement rebattre les cartes du moyen format grâce à plusieurs ingrédients clés : un capteur haute définition de 102 Mpx stabilisé sur 5 axes, un autofocus hybride et la vidéo 4K, dans un boîtier imposant pour un hybride, mais relativement novateur pour un moyen format, le tout pour « seulement » 10 999 €. Ce dernier venait ainsi concurrencer de front les solutions moyen format de chez Hasselblad ou Pentax.

En janvier 2021, Fujifilm annonçait le GFX100S, une version à la fois plus compacte et plus abordable, mais qui reprenait les caractéristiques essentielles du GFX100 tout en les améliorant. Nous avions d’ailleurs eu l’occasion de découvrir la fabrication du GFX100S lors de la visite d’une usine Fujifilm au Japon en début d’année.

Pour rappel, le capteur « grand format » de Fujifilm (à matrice de Bayer) se classe dans la catégorie des moyen format, avec une taille physique de 44 x 33 mm au ratio 4:3. C’est 1,7x la taille d’un capteur plein format 24 x 36 mm.

Ainsi, le Fujifilm GFX100II devient le 3e boîtier moyen format à profiter d’une définition de 102 Mpx. Pour autant, ce GFX100 II vient apporter de nombreuses nouveautés par rapport à ses prédécesseurs.

Voici les caractéristiques détaillées du GFX100 II :

Capteur : moyen format 102 Mpx BSI-CMOS II HS

Filtre passe-bas : Oui

Processeur d’image : X-Processor 5

Viseur électronique : 0,64 pouce, 9,44 millions de points, grossissement 1x, dégagement oculaire de 21 mm, taux de rafraîchissement jusqu’à 120 fps

Écran : tactile, Inclinable et orientable, 3,2 pouces, 2,36 millions de points

Écran de contrôle : 2,09 pouces, monochrome, 4:3, 320×219 points

Autofocus : Hybride et prédictif

Format d’enregistrement (photo): JPEG (8 bits), HEIF (10 bits), RAW 14/16 bits, TIFF

Format d’enregistrement (vidéo) : Apple ProRes 422, HEVC, MPEG-4

Nombre de points AF : N.C.

Couverture AF : 100 %

Sensibilité AF : jusqu’à -2,5 EV (détection de contraste), -5,5 EV (corrélation de phase)

Rafale (obturateur mécanique) : 8 i/s

Rafale (obturateur électronique) : 5,3 i/s

Obturation : de 30 sec à 1/4 000s (obturateur mécanique) ; de 30 sec à 1/32 000s (obturateur électronique), mode Bulb jusqu’à 60 min

Sensibilité ISO : 80 à 12 800 ISO (extensible de 40 à 102 400 ISO)

Synchro flash : 1/125s

Stabilisation : oui, gain jusqu’à 8 stops

Vidéo : 8K 30/24p – 4K60p non recadrée, Full HD 120p

Stockage : 1x SD UHS-II et 1x CFexpress Type B, possibilité en SSD USB-C jusqu’à 2 To

Connectivité : Wi-Fi, Bluetooth 4.2, USB-C, HDMI A, micro, casque 3,5 mm, prise télécommande 2,5 mm

Batterie : NP-W235

Tropicalisation : Résistant à l’eau et à la poussière

Dimensions : 152,4 x 117,4 x 46,5 mm (L x H x P)

Poids : 1,03 kg (avec batterie et carte)

Monture : Fujifilm G

Prix au lancement : 7 999 €

Nouveau combo capteur + processeur pour le plein de puissance

Après avoir intégré le dernier X-Processor 5 sur ses boîtiers hybrides APS-C, Fujifilm décline sa plateforme technologique sur la gamme GFX avec le GFX100 II. Doté de ce nouveau processeur, le GFX100 II devrait faire un pas de géant en termes de performances autofocus, de rafale et de performances vidéo.

Le Fujifilm GFX100 II inaugure aussi la 2e génération de capteur moyen format. Baptisé « GFX 102MP CMOS II HS », sa définition est toujours de 102 Mpx ; toutefois, il profite d’une vitesse de lecture du signal doublée par rapport aux GFX100 et GFX100S.

Pour mémoire, le premier capteur « HS » (pour High Speed) a été celui du X-H2S. Sauf qu’ici, le GFX100 II utilise un capteur rétroéclairé, mais non empilé.

Ce capteur dispose d’un nouveau mécanisme de stabilisation 5 axes qui permet, selon Fujifilm, un gain maximal de 8 stops. C’est 2 stops de plus que le GFX100s. De quoi photographier sans peur du micro flou de bougé lié aux capteurs très définis, ce qui devrait aussi l’adapter à des usages en faible luminosité. La marque indique que la stabilisation s’appuie à la fois sur le gyroscope du boîtier, mais aussi sur les éléments de l’image.

On retrouve également la fonction Pixel Shift Multi-Shot qui permet, par micro-déplacements du capteur, de capturer 16 images en RAW qui, une fois combinées, offrent une image plus définie de 400 Mpx. La reproduction des couleurs, selon Fujifilm, est également améliorée. Pour l’assemblage, il faudra cependant passer par la case logicielle avec le logiciel dédié « Pixel Shift Combiner ». Une fonction idéale pour la reproduction d’œuvres ou la photographie de produit.

On notera également que la sensibilité ISO descend jusqu’à 80 ISO et monte jusqu’à 12 800, (extensible de 40 à 102 400 ISO). Selon Fujifilm, cela est rendu par une « amélioration de la structure des photosites » qui permet d’accroitre le niveau de saturation du nouveau capteur. Les microlentilles présentes à la surface du capteur devraient également offrir une performance plus homogène sur l’ensemble de l’image, ainsi qu’aider à un AF plus réactif – voir plus bas.

Rafale jusqu’à 8 i/s et mémoire tampon prolongée

Côté rafale, le GFX100 II offre des améliorations notables, tant en termes de vitesse que de durée.

On passe ainsi de 5 i/s sur le GFX100S à 8 i/s (en obturateur mécanique avec suivi AF) et 5,3 i/s en obturateur électronique avec ce nouveau boîtier. En optant pour un crop 24×36, il est également possible de monter à 8,7 i/s en obturateur électronique.

En parallèle, Fujifilm a fait des efforts notables en termes de mémoire tampon. Avec un buffer de 128 Go (soit 2x plus que son prédécesseur), le GFX100 II supprime l’une des limites du GFX100S, qui était à genoux après seulement 16 RAW compressés ou 42 JPEG.

Ici, la rafale maximale à 8 i/s en obturateur mécanique permet d’encaisser plus de 1000 images JPEG, soit plus de … 2 minutes en continu. Le buffer permet également d’enregistrer jusqu’à 325 RAW compressés, 302 RAW compressés sans perte, 76 RAW non compressés ou encore 75 RAW+JPEG.

En optant pour une rafale à 5 i/s, que ce soit en obturateur mécanique ou électronique, la rafale tient plus de 1000 images, que ce soit en JPEG, RAW compressé avec ou sans perte.

Ainsi paré, le GFX100 II se tourne résolument vers les photographes sportifs à la recherche de longévité dans leur rafale, même si le mouvement sera un peu moins décomposé à 8 i/s que sur les boîtiers plein format sportifs dotés d’une prise de vue continue à 30 i/s. Ces performances sont cependant à mettre en relation avec la taille du capteur moyen format de 102 Mpx.

Malheureusement, le stockage deviendra vite le maillon faible, puisqu’un RAW non compressé pèse 200 Mo et qu’une rafale d’une seconde représente ainsi plus d’un gigaoctet de données…

Autofocus hybride avec détection des sujets assistée par l’IA, une première sur un GFX

Le GFX100 II dispose d’un autofocus hybride mêlant corrélation de phase et détection de contraste. Mais la nouveauté est ailleurs ; grâce au X-Processor 5, il adopte les derniers algorithmes AF développés avec le X-H2S. Tirant parti du Deep Learning, ils offrent un bon en avant en termes de performance de détection et de suivi du sujet.

En plus de la détection des humains, du visage et de l’œil qui a été amélioré, l’AF du GFX100 II peut détecter les animaux terrestres, les oiseaux, différents types de véhicules (voiture, moto, vélo, avion, train), mais aussi les drones et les insectes. Il est également possible de personnaliser la forme de la zone AF, pour plus de précisions.

Grâce à des algorithmes d’AF prédictif, le GFX100 II devrait être à même de détecter et suivre des sujets aux déplacements rapides… comme les athlètes au cœur d’un stade par exemple. Voici un second signe – s’il fallait en chercher – qui montre que le GFX100 II vise à séduire les photographes sportifs.

A noter que l’AF est sensible jusqu’à -5,5EV en corrélation de phase, utile pour les situations de faible éclairage.

Sans aucun doute, ce nouvel autofocus devrait améliorer la fiabilité du boîtier, un point que nous avions noté lors du test du GFX100S.

Vidéo 8K30p, F-Log2 et Apple ProRes 422 HQ

Les utilisateurs hybrides (photo et vidéo) seront également ravis d’apprendre que le GFX100 II étoffe ses caractéristiques vidéo. Il est ainsi capable de filmer en 8K30p en 4:2:2 10 bits en interne (avec un crop de 1,42x…), ainsi qu’en 4K60p. Vous pouvez également réaliser des vidéos slow motion Full HD à 120p.

Fujifilm adopte également le format Apple ProRes avec trois codecs : ProRes 422 HQ, 422 et 422 LT. Le format Apple ProRes 422 Proxy, pour créer des fichiers Proxy à la volée, est également disponible. Un format F-Log2 permet d’obtenir une plage dynamique de 14 IL, utile pour la post-production.

On notera la compatibilité avec le ventilateur FAN-001 lancé avec les X-H2/X-H2S et qui permet de prolonger la durée d’enregistrement vidéo sans surchauffe.

Le boîtier supporte d’autres formats d’enregistrement vidéo de type cinéma, comme le Premista – si vous montez un objectif compatible – le format 35 mm ou encore l’anamorphique (en 35 mm) avec des grossissements de 1,3 à 2x, avec la possibilité d’appliquer le desqueezing lors de l’enregistrement.

Autre nouveauté : le suivi AF continu est disponible sur ce boîtier. Ainsi, en mode AF-C, il suffit d’appuyer sur le sujet à suivre à l’écran pour le verrouiller.

Le GFX100 II peut également filmer en RAW jusqu’en 8K30p 12 bits via le port HDMI et un enregistreur adapté comme le nouveau Ninja V+ d’Atomos, ou bien encore en BlackMagic RAW avec le Video Assist 12G de Blackmagic.

Si vous utilisez plusieurs caméras en simultanée, il est possible de synchroniser les timecodes vidéo sans-fil en utilisant l’Atomos AirGlu BT.

Fujifilm indique que, grâce à la lecture plus rapide du capteur, l’effet de rolling shutter qui peut être visible en vidéo a été supprimé.

Connectivité : CFexpress Type B, SSD en USB-C et Frame.io

Niveau connectivité, le GFX100 II est plus que complet. Si l’on retrouve les habituelles prises casque, micro, télécommande filaire 2,5 mm et USB-C, le boîtier va plus loin. Ainsi, on retrouve un port Ethernet et une prise HDMI standard (type A).

Le boîtier dispose d’un double slot carte mémoire compatible SD UHS-II et CFexpress Type B. Enfin, il est possible d’enregistrer directement ses vidéos (et ses photos) peu importe le format sur un SSD via USB-C, à condition de disposer d’un disque compatible.

Enfin, ce nouveau boîtier est bien entendu compatible avec Frame.io Camera to Cloud d’Adobe, un service qui permet d’envoyer directement ses photos et vidéos vers le service Frame.io afin de pouvoir collaborer en temps réel sur le projet.

Le boîtier reprend la batterie NP-W235 utilisée par de nombreux boîtiers Fujifilm et offre une autonomie de 540 images en mode normal selon la norme CIPA. En vidéo, l’appareil peut tenir 60 min. Une nouvelle poignée d’alimentation (VG-GFX II) permet de tripler l’autonomie grâce à l’ajout de deux batteries supplémentaires.

Viseur OLED 9,44 millions de points et écran pivotable 3 axes

Parmi les autres améliorations du GFX100 II, notons la présence d’un viseur électronique plus grand et plus défini. Doté d’une dalle OLED de 9,44 millions de points, et d’un dégagement oculaire de 21 mm, il devrait offrir un excellent confort de visée.

Par défaut, le grossissement est de 1x (avec un rafraîchissement de 60 Hz). Un mode 120 Hz est également disponible, moyennant un grosissement plus réduit de 0,7x, mais devrait permettre de suivre les mouvements des sujets les plus rapides. Sa définition rappelle d’ailleurs la dalle du Sony A7R V.

Tout comme le GFX100, le boîtier dispose d’un viseur amovible, qui peut d’ailleurs être placé sur l’adapteur EVF-TL1 (déjà disponible sur le GFX100 et le GFX50s).

Ce dernier permet d’orienter le viseur de 0° à 90° à l’horizontale, et de -45° à +45° à la verticale, ce qui permet de continuer à travailler avec le viseur même dans des angles très variés, par exemple pour la photographie d’architecture, de portrait ou de packshot.

L’écran pivotable sur support triaxial déjà présent sur le GFX100S est reconduit. Il permet d’orienter l’écran à 90° vers le haut, à 45° vers le bas et à 60° sur le côté.

Nouvelle simulation de film REALA ACE

Fidèle à son ADN argentique, Fujifilm lance une nouvelle simulation de film avec ce boîtier. Nommée REALA ACE, elle est présentée comme offrant une « reproduction fidèle des couleurs avec une tonalité dure adaptée à diverses scènes ». Au total, 20 modes de simulation de film sont disponibles.

Le GFX100 II supporte le format RAW 14 ou 16 bits, ainsi que le HEIF. Ce format compressé permet d’enregistrer les informations d’image sur 10 bits, pour une image de meilleure qualité, tout en étant 30% plus léger qu’un JPEG.

Un boîtier encore plus ergonomique

Avec le GFX100 II, Fujifilm poursuit sa stratégie de miniaturisation du moyen format, grâce à un boîtier beaucoup plus compact que le GFX100 premier du nom. Il est ainsi presque aussi compact que le GFX100S, avec des dimensions de 152,4 x 117,4 x 46,5 mm (L x H x P) et un poids de 1,03 kg avec EVF, batterie et carte mémoire.

Un nouveau revêtement de boîtier, nommé BISHAMON-TEX, permet une meilleure tenue du boîtier en main. Fujifilm a également incliné la partie supérieure du boîtier pour faciliter la lecture des informations présentes sur l’écran de contrôle ainsi que les différentes roues et boutons. D’ailleurs, cet écran de contrôle est plus grand et plus lisible que les précédents modèles.

Côté commandes, on retrouve la disposition des boutons du GFX100S, hormis la présence de trois boutons personnalisés juste au-dessus du déclencheur.

Prix et disponibilité du Fujifilm GFX100 II

Le Fujifilm GFX100 II sera disponible à partir du 28 septembre 2023 et proposé au tarif de 7999 €.

À titre de référence, c’est 3 000 € de moins que le GFX100 à sa sortie et 2 000 € de plus que le GFX100s – qui reste au catalogue – soit un positionnement savamment étudié.

Enfin, le grip vertical (VG-GFX100II) est proposé à 549 €.

Le Fujifilm GFX100 II sera disponible chez Digit-Photo, IPLN, Miss Numérique, Camara, à la Fnac ainsi que dans les magasins photo spécialisés.

Notre premier avis

Sur le papier, le Fujifilm GFX100 II se présente comme un boîtier moyen format amélioré sur tous les points. Grâce à un nouveau couple capteur + processeur plus rapide, Fujifilm semble sur le point de réussir son pari : faire rimer moyen format avec réactivité, même avec 102 Mpx. Il faudra voir comment ce boîtier est accueilli par les photographes de sport.

Et ce n’est pas qu’en photographie que le boîtier est prometteur ; la vidéo, que ce soit en 8K, en 4K, ou avec le support de formats cinéma comme l’anamorphique, prend toute sa place, notamment grâce aux codecs Apple ProRes 422 et au support de la vidéo RAW via HDMI.

Nous aurons l’occasion de revenir sur ce boîtier et ses caractéristiques dans une prochaine prise en main.

Voici également les autres annonces faites par Fujifilm lors du X-Summit Stockholm 2023 :

Source : https://phototrend.fr/2023/09/fujifilm-gfx100-ii-appareil-photo-moyen-format/

Auteur :

Date de Publication : 2023-09-12 09:00:00

Le droit d’auteur pour le contenu syndiqué appartient à la source liée.

Photo Video Mag
Logo
Compare items
  • Total (0)
Compare
0

Fujifilm s’attaque-t-il à la photo sportive au moyen format ? - Fujifilm s’attaque-t-il à la photo sportive au moyen format ? * Fujifilm s’attaque-t-il à la photo sportive au moyen format ? | Fujifilm s’attaque-t-il à la photo sportive au moyen format ? | Fujifilm s’attaque-t-il à la photo sportive au moyen format ? | Fujifilm s’attaque-t-il à la photo sportive au moyen format ? | | Fujifilm s’attaque-t-il à la photo sportive au moyen format ? | | Fujifilm s’attaque-t-il à la photo sportive au moyen format ? | Fujifilm s’attaque-t-il à la photo sportive au moyen format ?